Manifeste socialiste pour une approche humaniste de la protection du climat

Le réchauffement climatique compromet l’avenir de l’humanité. Le cadre de vie de centaines de millions d’êtres humains est en péril et les conditions de vie de la quasi-totalité de l’humanité risquent de se dégrader substantiellement. La préservation des ressources naturelles et de l’environnement s’impose donc dans l’intérêt de toutes et tous.

 Le Parti socialiste suisse demande donc que la Suisse prenne ses responsabilités en agissant sur trois axes :

  • Réduire à zéro, d’ici 2050, les émissions nettes de gaz à effet de serre sur son territoire, sans chercher à reporter cet effort sur le reste du monde.
  • Prendre des mesures contraignantes pour stopper les flux d’investissements de la place financière suisse dans les énergies fossiles.
  • Renforcer les efforts de coopération internationale en faveur du développement humain, de l’accès au savoir et de la protection de l’environnement et du climat.

Engagez-vous aussi pour une politique climatique juste, efficace et responsable !

Une approche humaniste face aux défis climatiques

Le réchauffement climatique en cours compromet l’avenir de l’humanité. Les conséquences en cascade qui s’ensuivent, telles que la destruction des milieux naturels, la diminution de la biodiversité et la surexploitation des ressources de la planète menacent de détruire le cadre de vie de centaines de millions d’êtres humains et de dégrader substantiellement les conditions de vie de la quasi-totalité de la population sur Terre. En outre, le risque d’aggravation des conflits armés est considérable.

La préservation des ressources naturelles et de l’environnement s’impose donc dans l’intérêt de toutes et tous, en Suisse comme à l’étranger. Nous préconisons donc une approche humaniste, fondée sur l’action collective et la responsabilité de chacune et chacun. En effet, le développement harmonieux des activités humaines et la préservation de la planète sont étroitement liés.

Les principes fondamentaux de cette approche humaniste :

1) Pas de protection du climat sans justice ni solidarité

Pour éviter la destruction des bases mêmes de l’existence humaine, la garantie de la prospérité de tout un chacun exige, selon nous, une distribution plus équitable des ressources et des revenus entre les pays et à l’intérieur de chaque pays. Si cet effort de solidarité n’est pas mis en place, la course effrénée au surdéveloppement économique se poursuivra et accélérera la destruction des fondements mêmes de la civilisation humaine. Cet effort de modération ne sera possible que si les richesses sont mieux partagées. Il n’y aura donc pas de maîtrise des enjeux climatiques sans justice ni solidarité. Il est donc indispensable de réorienter le développement des activités humaines et le fonctionnement de l’économie.

2) Pas de justice ni de solidarité sans protection du climat

À nos yeux, le laisser-faire en matière de climat aggraverait les tensions sociales. Si les milieux naturels se dégradent, que les températures augmentent de quatre degrés et que le niveau des mers s’élève d’un mètre d’ici 2100, des milliards d’êtres humains seront poussés vers la misère ou perdront toute perspective d’en sortir. Sans maîtriser les enjeux climatiques et l’impact écologique de nos sociétés, il n’y aura de progrès ni en matière de justice sociale ou de redistribution des revenus. Au contraire, les conditions de vie du plus grand nombre se dégraderont.

3) Le savoir nous oblige

À nos yeux, les connaissances scientifiques dont nous disposons aujourd’hui ne nous laissent pas le choix : nous devons agir ! D’une part, parce qu’elles prouvent la gravité de la situation, que nous ne pouvons plus ignorer. D’autre part, parce que ces connaissances peuvent contribuer à limiter substantiellement les dégâts, grâce aux progrès technologiques.

Autant la critique du modèle économique et culturel dominant est justifiée, autant le retour au nationalisme, à l’isolement et aux vieilles technologies est dangereux. Avec une population avoisinant désormais les 7,6 milliards d’êtres humains, une approche obscurantiste et anti-scientifique signerait notre arrêt de mort.

Les rapports des groupes intergouvernementaux d’étude du changement climatique et de la biodiversité (GIEC) montrent clairement la voie à suivre. Ils indiquent aussi que c’est le dernier moment pour prendre le bon virage. Nous devrons donc faire tout notre possible pour éviter la catastrophe. C’est le principal défi de notre temps.

4) La responsabilité de notre génération

Pour nous, les dimensions individuelles et collectives sont indissociables, en particulier dans les pays développés. Nos choix personnels, par exemple en matière de trafic aérien, ont une influence importante. Certaines attitudes de surconsommation peuvent être abandonnées, sans dommage ni drame, ce qui facilitera la transition.

Mais le fonctionnement de notre économie et le développement des infrastructures responsables de la destruction de notre environnement sont pour la majeure partie le résultat de décisions politiques. Une approche purement individuelle ne saurait suffire pour un réel changement.

Par conséquent, ces décisions ne doivent pas être laissées au seul marché. Il faut au contraire maintenir – ou rétablir – une emprise démocratique, car elle s’avère décisive pour le climat, et ce en particulier dans le domaine de l’énergie. Un engagement politique fort de la Suisse, sur son territoire et au plan international, est indispensable pour lutter concrètement contre le réchauffement climatique.